HOLLANDE ET LES TRACTS DU PCF DES ANNEES 70

Publié le 21 Avril 2015

Le dernier exploit de Hollande la fermeture des hauts fourneaux de Florange
Le dernier exploit de Hollande la fermeture des hauts fourneaux de Florange

« "Madame Le Pen parle comme un tract du Parti communiste des années 1970 (...) sauf que le Parti communiste, il ne demandait pas qu'on chasse les étrangers, qu'on fasse la chasse aux pauvres", a déclaré le chef de l’État, lors de l’émission « le supplément » sur Canal+ .

Un amalgame honteux et qui visait à ne pas répondre au fait que c’était les électeurs socialistes que Hollande était interrogé et que ces électeurs du coté d’Hénin-Beaumont dans le Pas de Calais écœurés par la politique gouvernementale et les frasques financières des dirigeants socialistes du coin ont permis au FN de prospérer.

En fait, Hollande défendait sa politique libérale en la justifiant par le détour d’une attaque contre le PCF qui n’aurait comme orientation que de vieilles idées archaïques comme « le produire français et les nationalisations ».

Méprisable et honteux cette affirmation, c’est une insulte à toutes les luttes qui ont permis de battre la droite libérale de Giscard et l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 pour faire une politique avec les idées du programme commun sans lesquelles Mitterrand n’aurait jamais été élu.

Un article dans l’humanité de ce matin déshabille littéralement cette idée que le FN et le PCF ce serait la même chose sur les objectifs sociaux et économiques.

La lecture des tracts, les orientations communistes de l’époque, y compris concernant les immigrés, démontrent tout le contraire.

Et puis, qui a mis le FN sur orbite sinon Mitterrand qui a reçu et reconnu le Pen et son parti avec des objectifs politiciens pour garder le pouvoir en flanquant à la droite conservatrice ce résidu réactionnaire d’extrême droite venant de l’OAS et du pétainisme.

Ces idées de nationalisations et même on pourrait dire d’Européanisation des entreprises pourrait-on dire actuellement, maintenant la plupart privatisées, aux mains des grandes transnationales, sont toujours valables et ne sont pas archaïques. De même le « produire français » comme les allemands et d’autres préservent leur production nationale et se battent pour leur propre industrie. Et produire français n’a jamais voulu dire se claquemurer dans ses frontières comme le préconise le FN car ce concept communiste est lié à la coopération et au développement international et notamment avec les pays en voie de développement.

Dans les années 70, celles que Hollande prend pour référence, celles-ci étaient incluses dans le Programme commun avec la nationalisation des grandes banques d’affaires et des grandes entreprises industrielles de notre pays, celles-ci en proie à la rapacité de ce que l’on appelait à l’époque les multinationales, et les militants socialistes n’étaient pas du reste pour soutenir ces idées communistes et sortir de la situation de casse organisée par Giscard D’Estaing et Barre.

Nous n’avons pas besoin de nous défendre là-dessus en tant que communistes, mais simplement de dire que le parti socialiste de l’époque les soutenait et je me rappelle les meetings en commun pour les nationalisations de la CGT Alsthom, Thomson, Usinor et Sacilor, Péchiney etc. Mais c’est bien ensuite toute cette politique là qui a été remise en cause par Mitterrand et particulièrement dès le plan de rigueur annoncé à Lille au congrès de la CGT par Mauroy en 1982 sous les injonctions de l’Europe libérale et dont Delors ministre de l’économie du gouvernement de gauche allait quelques temps plus tard devenir président de la commission Européenne pour services rendus au libéralisme.

Hollande, énarque, dans le cabinet de Delors, a fait ses classes, pour démolir cette lutte pour la maintien de nos industries et en particulier par la nationalisation, faut-il le rappeler !

Ce qui vient de se passer à Florange montre à quel point Hollande a fait deuil de nos industries nationales.

Chacun se souvient de la sidérurgie et de l’abandon de Longwy et de Denain par Mitterrand qui était venu faire campagne avant les présidentielles et puis tout de suite après son élection et avait promis le maintien de ces entreprises et leurs développements.

Dire que les tracts communistes de l’époque sont dépassés montre à quel point les dirigeants socialistes gouvernementaux sont fascinés par les idées libérales, celles de l’argent roi et de l’abandon de l’industrie pour la finance et l’actionnariat.

Les tracts du parti communiste de l’époque sont des révélateurs encore aujourd’hui de ce qui s’est produit alors et des abandons industriels qui se sont succédés depuis cette période dans notre pays au point qu’aujourd’hui nous avons perdu la plupart de nos fleurons industriels sous l’autel des profits et de la finance qu’Hollande prétendait combattre et détester pour le temps de la campagne électorale, faut-il le répéter !

Aujourd’hui notre pays est un champ de ruine industriel et les tracts du PCF des années 70 dénonçaient ces stratégies mortifères et proposaient non pas d’en rester à l’accusation mais à faire des propositions pour le devenir industriel et économique y compris de la coopération internationale.

Toujours sur la sidérurgie, il faut rafraichir les mémoires que les propositions communistes de l’époque permettaient la modernisation de la sidérurgie et son développement y compris européen. Las, les gouvernements Mauroy, Fabius, Cresson et Bérégovoy ont baisser pavillon devant la réorganisation de la sidérurgie européenne décidé par le plan Davignon commissaire européen à l’industrie. La Communauté Européenne du Charbon et de l’acier contrairement à l’idée défendue par Davignon, que la restructuration visait à son avenir et son développement, aboutissait quelques années après à la liquidation de centaines de milliers d’emplois et à la casse massive de hauts fourneaux et d’aciéries en Europe. Aujourd’hui, c’est un magnat de l’acier, un aventurier de la finance et des coups tordus contre les sidérurgistes, , le dénommé Mittal qui a repris à vil prix des installations dans les pays de l’est et dans toute l’Europe pour dominer ce qui reste de l’acier français et européen et faire des milliards de profits sur le dos des travailleurs.

Oui, nous n’avons rien à retirer des tracts PCF des années 70, ils nous parlent encore aujourd’hui de ce qui est arrivé, mais ils ne sont pas limité à des accusations, ils parlent de la bataille contre ces forces de l’ argent qui ont démolissent l’économie et celles aussi des pays émergents aujourd’hui retournés dans la misère la plus extrême.

Les tracts du PCF n’ont à voir ni de près ni de loin avec les théories pétainistes et néo-fascistes dont les ascendants ont appliqués les slogans fascistes et de collaboration pendant la guerre sous le régime de Vichy et que défend le père le Pen. IL faut rappeler sans cesse que l’expérience économique avec l’extrême droite nous l’avons malheureusement connu pendant la guerre et l’occupation où les entreprises françaises produisaient non pas pour les besoins des français mais fabriquaient et exportaient les productions pour l’appareil de guerre Nazi sous la haute responsabilité du gouvernement de Vichy et du patronat qui collaborait.

Bernard LAMIRAND Ancien sidérurgiste

Rédigé par aragon 43

Publié dans #Actualités

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